Crier (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
( je crie, nous crions ; je criais, nous criions ; je criai ; je
I. V. intr. Jeter, pousser un cri, des cris.
1. Produire avec la voix un son fort et perçant. Crier d'effroi, de joie, d'excitation. Ne faites pas
2. Élever très haut la voix, hausser le ton, dans la conversation, dans une discussion. Il faut
3. En parlant de choses. Produire un bruit aigre, un grincement. Cette porte crie. L'essieu de la charrette crie. Le vent faisait
4. En parlant d'une couleur. Blesser le regard. Ce jaune trop vif crie. Les deux couleurs crient entre elles, ne s'accordent pas. Ce bleu crie avec ce vert.
II. V. tr. Faire connaître d'une voix forte.
1. Dire, prononcer à voix haute, plus forte que la normale. Crier des paroles d'adieu. Crier un ordre. Ils se criaient des injures. On entendit
2. Anciennt. Proclamer, annoncer au nom de l'autorité. On a crié à son de trompe que chacun eût à rendre les armes. Par ext. Faire savoir, rendre public. Faire
3. Dire hautement ; proclamer publiquement. Crier son indignation, sa rancune, son découragement. Crier sa joie, sa douleur, sa haine. Il n'a cessé de
4. Fig. En parlant de choses. Manifester de façon évidente. Ses bijoux crient le faux. Sa tenue criait la misère.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Jeter un ou plusieurs cris. "Ne faites pas
Fam., "Crier comme un perdu, comme un fou, comme un enragé, comme un beau diable ;
Fig. et fam., "Plumer la poule sans la faire
Prov. et fig., "Il ressemble aux anguilles de Melun, il crie avant qu'on l'écorche." Voyez
Il signifie encore Élever très haut la voix dans la conversation, dans une discussion, dans un blâme, dans une gronderie, etc. "Il est tellement sourd qu'il faut
Fig., "Crier au Seigneur, Crier vers Dieu," Faire appel à Dieu, l'implorer.
Fig., "Crier à l'injustice, à l'oppression," Se plaindre hautement d'une injustice, d'un acte d'oppression, etc. On dit aussi "Crier au scandale, à l'exagération." Accuser hautement quelqu'un de scandale, d'exagération, etc.
Il se dit quelquefois par dénigrement d'une Personne qui force trop sa voix en chantant. "Cette femme ne chante pas, elle crie."
Il signifie, par analogie, Produire un bruit aigre, en se frottant rudement contre d'autres ou en se cassant, en parlant des Choses. "Cette porte crie. L'essieu de cette charrette crie. Les roues crient." On dit plus souvent
Il s'emploie aussi transitivement et signifie Prononcer, à propos d'une personne ou d'une chose, un ou plusieurs mots d'un ton de voix très élevé avec le même effort que si l'on poussait un cri. "J'ai beau lui
Il signifie en outre Proclamer, annoncer une chose au nom de l'autorité. "On a crié à son de trompe que chacun eût à rendre ses armes."
"Faire
"Crier des meubles, etc.," Les mettre à l'enchère, inviter à les enchérir.
Il se dit aussi de Ceux qui courent habituellement les rues pour vendre ou acheter certaines choses. "Crier de vieux chapeaux, de vieux habits." On dit aussi "Crier un journal."
Il signifie aussi figurément Dire une chose hautement ou la Répéter avec importunité. "Il ira
Il signifie encore Avertir souvent quelqu'un d'une chose, la lui conseiller fortement. "Il y a longtemps que je lui crie d'être sage, de prendre garde à lui. La conscience, une voix intérieure nous crie qu'une telle action ne saurait être juste."
Fig. et fam., "Crier famine," Se plaindre hautement de la disette où l'on se trouve ou que l'on craint. On dit de même "Crier misère. Il est toujours à
Fig. et fam., "Crier famine sur un tas de blé," Se plaindre comme si l'on manquait de tout, quoiqu'on soit dans l'abondance.
Fig., "Crier vengeance," se dit à propos de Choses qui excitent à se venger ou dont on doit tirer vengeance. "Cette injustice crie vengeance. Le sang du juste crie vengeance," ou simplement "crie."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Faire un ou plusieurs cris. Écoutez, l'enfant crie. Le chien battu criait. Les canards s'ébattent dans cette mare et crient.
MALH.: « La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ; On a beau la prier ; La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles Et nous laisse
LA FONT.: « S'il savait son affaire, Il
SÉV.: « Dans les rues les petits enfants crient sur lui »
FÉN.: « Aussitôt on accourt ; tout le peuple empressé Crie, pousse, se bat pour être bien placé »
DELILLE: « D'autres veulent
Fig. Plumer ou tuer la poule sans la faire
Familièrement. Il crie comme si on l'écorchait, ou comme un aveugle qui a perdu son bâton, il pousse de grands cris.
Crier comme un perdu, comme un fou, comme un enragé, comme un beau diable, expressions familières qui signifient
Crier à pleine tête, à tue-tête, du haut de sa tête,
Terme de chasse. Quand les chiens chassent, on ne dit pas les chiens aboient, mais les chiens crient.
2 Parler fort haut ou trop haut. Il est tellement sourd qu'il faut
Discuter avec aigreur. C'était à qui
3 Dire en criant.
VERTOT: « Se tournant de leur côté il leur cria : Ils ont vécu »
CORN.: « Elle crie au second qu'il secoure son frère »
CORN.: « Et je pense avoir même entendu quelque voix Nous
Fig.
ROLLIN: « On rapporte qu'il [Alexandre blessé] dit : Tous jurent que je suis fils de Jupiter ; mais ma blessure me crie et me fait sentir que je suis homme »
Avertir avec instance. Il y a longtemps que je lui crie d'être sage, de prendre garde à lui.
BOILEAU: « Et que sert à Cotin la raison qui lui crie : N'écris plus, guéris-toi d'une vaine manie ? »
4 Prononcer un ou plusieurs mots en criant.
CORN.: « Les soeurs crient miracle, et chacune ravie Conçoit pour son vieux père une pareille envie »
SÉV.: « J'entends
BOSSUET: « M. de Cambrai et ses amis crient ici victoire »
LAMART.: « Rendons grâce à lui seul [Dieu] du rayon qui nous luit, Sans nous enfler d'orgueil et sans
Crier famine,
LA FONT.: « Elle alla
SÉV.: « Nous avons eu beau
Crier famine sur un tas de blé, se plaindre de manquer des choses dont on est amplement pourvu.
Crier vengeance, faire appel à la vengeance.
VOLT.: « Il leur criait vengeance et changeait de pensée »
En parlant des choses.
CORN.: « Son sang
MOL.: « Voilà qui crie vengeance au ciel »
Anciennement. Crier haro (voy. HARO), arrêter un homme pour le conduire sur-le-champ devant le juge.
LA FONT.: « À ces mots on cria haro sur le baudet »
Fig. Crier haro sur quelqu'un, appeler sur lui la haine, la colère des autres.
5 Intercéder.
MASS.: « Tous les trésors du ciel vont se répandre sur la terre ; la voix du sang de Jésus-Christ crie pour vous »
Faire appel aux sentiments.
RAC.: « Le sang de nos rois crie et n'est point écouté »
FLÉCH.: « Que je découvre ce corps pâle et sanglant auprès duquel fume encore la foudre qui l'a frappé ; que je fasse
Être criant.
MONTESQ.: « Malgré les cris de cette noblesse, malgré l'abus qui criait de lui-même »
P. L. COUR.: « Je ne vous ferai sur cela aucun commentaire, la chose crie ; vous en serez révolté »
6 Répéter de tous côtés.
VERTOT: « On criait de tous côtés que la république était rétablie »
7 Réprimander d'une manière aigre et bruyante. Il ne fait que
8 Faire entendre hautement le blâme, la plainte. Tout le monde crie de cela, crie contre ce ministre.
CORN.: « Mais entendez
LA FONT.: « Ô temps ! ô moeurs ! j'ai beau
LA FONT.: « Hélas ! j'ai beau
BOILEAU: « Je vous crois ; mais pourtant on crie, on vous menace »
MOL.: « De zélés indiscrets qui
MOL.: « Qui criaient après les vices de leur siècle »
HAMILT.: « Il voulut les faire
PELLISS.: « D'où vient que Tertullien crie si souvent contre les philosophes et les nomme tantôt les patriarches des hérétiques, tantôt les cuisiniers de toutes les hérésies ? »
BOSSUET: « Ceux qui criaient contre les abus »
FÉN.: « Il est le premier à
J. J. ROUSS.: « Cet impôt fait beaucoup
D'ALEMB.: « La nation française qui crie si aisément et qui plus aisément encore se lasse de
9 Crier vers Dieu, élever la voix vers Dieu, l'implorer.
PASC.: « À qui
MASS.: « Grand Dieu, vous refuserez-vous à la brebis qui revient ? Le sang de l'agneau qui crie vers vous et qui coule sur l'autel, ne se fera-t-il pas entendre ? »
Dans le même sens,
VOLT.: « Et ce peuple, en tout temps chargé de vos bienfaits, Crie encore à son père et demande la paix »
10 Crier à,
VERTOT: « S'il défend avec courage la souveraine puissance dont il est revêtu, on crie au tyran »
J. J. ROUSS.: « Sans s'exposer à nous faire
D'ALEMB.: « Jusqu'à ce qu'on en ait la preuve, ses confrères de l'Académie et du clergé ne sont-ils pas en droit de
BÉRANG.: « Les bigots, par rancune, Au sorcier criaient tous »
Appeler à.
CORN.: « Mon amour et ma haine et la cause commune Crieront à la vengeance.... »
VOLT.: « Le clergé d'un côté, les pasteurs de l'autre criaient à la religion »
Se ré
CORN.: « La santé dans ces murs tout d'un coup répandue Fait
DIDER.: « Vous allez, monsieur, peut-être
11 Proférer un cri de ralliement, une acclamation.
RAC.: « Les Français criaient autrefois Montjoie ! On cria vivat ! Du haut de nos remparts j'ai vu descendre en larmes Le peuple qui courait et qui criait aux armes »
12 Produire un bruit strident. Cette porte crie.
RAC.: « L'essieu crie et se rompt ; l'intrépide Hippolyte Voit voler en éclats son char tout fracassé »
BÉRANG.: « C'est le vent, me dites-vous, Qui fait
Ses boyaux lui crient, se dit du bruit que font les entrailles.
13 Publier à cri, annoncer au nom de l'autorité. On a crié à son de trompe que chacun balayât le devant de sa porte.
Impersonnellement et au passif. Il fut crié de par le maire que....
14 V. a. Crier les hauts cris, jeter de grands cris.
SÉV.: « Je le trouvai criant les hauts cris »
SÉV.: « Mme de Brissac de
Crier un air, le chanter d'une manière criarde.
Prononcer en criant. Debout sur le rivage, il lui cria ses adieux.
Demander en criant.
CORN.: « Et ne point écouter le sang de mes parents Qui ne crie en mon coeur que la mort des tyrans »
15 Dire une chose hautement, proclamer. Il ira
PASC.: « Qu'est-ce donc que nous crie cette avidité et cette impuissance ? »
16 Crier un objet perdu, annoncer qu'un objet a été perdu, afin qu'il soit rapporté. Crier une marchandise, annoncer le prix auquel elle se vend. On a crié du vin à quinze sous Crier des meubles, les mettre à l'enchère. Crier des pommes, de la salade, les vendre dans les rues en les annonçant par le cri Crier un bulletin, une ordonnance, la vendre dans les rues, en l'annonçant par un cri.
VOIT.: « Je me contentais d'entendre ici, toutes les semaines,
Autrefois,
17 Crier quelqu'un, le gronder.
MOL.: « Tu ne me diras plus, toi qui toujours me cries, Que je gâte, en brouillon, toutes tes fourberies »
MOL.: « Pourquoi me criez-vous ? »
Cette locution a vieilli ; mais elle reste en usage dans plusieurs provinces, particulièrement en Normandie.
18 Se
PROVERBES
Il est comme les anguilles de Melun, il crie avant qu'on l'écorche, il se plaint d'avance par peur et sans cause (voy. ANGUILLE).
HISTORIQUE
XIème siècle
Ch. de Rol. CXXIV: Cel nen i a qui ne crie : Marsile !
ib. CXXXIII: Adoubez vous, si criez vostre enseigne
ib. CCXCIII: Li chrestien te reclaiment et crient
XIIème siècle
Ronc. p. 18: Plorent et crient chascuns de ses casez [vassaux]
ib. p. 109: Au roi de gloire merci [il] prist à
ib. p. 136: Baligans crie trois mos à un tenant [d'une seule teneur]
ib. p. 142: Devant lui vient, si lui crie à haut cri
ib. p. 177: En sa grant ost [il] fait banir et
Couci, X: Et quant je plus merci vous doi
Dame de faiel, dans Couci: Diex ! quant
ib. III: Empris [j'] ai greignor folie Que li faus enfes [enfant] qui crie Pour la bele estoile avoir
ib. XXII: Merci [je] lui cri, qu'onc [je] ne fis vilenie ; Car vilain fait bone amour desevrer [séparer]
Th. le mart. 33: Quant vit que il n'aura l'amur al rei Henri, Az piez lui est chaü [tombé] ; si li cria merci
ib. 88: Quant fui fait arcevesque e Deus m'i aleva, Tu diz que li regnez encontre ço cria, Et la mere le rei le desamonesta
XIIIème siècle
VILLEH.: « Leur cries merci que il aient de toi pitié et de ton pere »
Anc. poésies fr. Vatican, dans LACURNE: Li bien d'amours si doivent estre emblé, Que nus [nul] ne sache ; et quant il sont crié [devenus publics], Dame enquert [encourt] blasme, et joie en amenrie [diminue], Et sius amis i pert sa seignourie
Berte, XIII: Lors
Lai du conseil: Quant il venoit en sa meson [de la dame], Li sejors n'i ert pas criez ; Mais si comme il estoit montez, Aloit coiement à s'amie
Liv. des mét 200: Cil qui crient par la vile la cote et la chape ont achaté le mestier de freperie en la maniere desus devisée
Ren. 11959: Li rois a fait son ban
BEAUMANOIR: « Nos avons plusors fois commandé en assises, que cascuns ait pooir de penre toz tex qui s'enfuient, sor qui on crie hareu ! tant qu'on sace por quoi li hareus fu criés »
JOINV.: « Le legat me crut et fist
JOINV.: « Pluseurs des marcheans de Babiloinne [le Caire] crioient après le soudanc, que il leur feist droit du conte Gautier »
ID.: « Le sire du Chastel estoit criez [accusé par le cri public] de desrober les pelerins et les marchans »
J. DE MEUNG: « Conscience ne lesse cuer pecheour durer ; Ja pechié si très pou n'i venra pasturer, Qu'elle ne crie hareu sanz soi asseürer »
XIVème siècle
Chron. de St-Den's, t. I, f° 165, dans LACURNE: Atant se partit le parlement ; et ung autre fut crié à Compiengne ou mois de septembre
XVème siècle
FROISS.: « Pour estre à Condé sur Escaut, à un tournoi qui là estoit crié »
COMM.: « Et avoit fait
COMM.: « Supplyerent au roy qu'elle ne fust point encores cryée [la trêve] »
XVIème siècle
CALV.: « Les paroles mesmes crient qu'on leur fait violence, en sorte qu'il n'est ja mestier de refuter cette belle subtilité »
CALV.: « Le sang d'Abel crioit à Dieu... L'effusion du sang crie vengeance »
MARG.: « Elle commença à
MARG.: « Ce n'a pas esté vous qui m'avez decelé, mais celui qui a la voix plus criante que le chien, et le coeur plusingrat que nulle beste »
LANOUE: « La reserve de ce peu de solde ne suffiroit pas pour faire seulement un jour bonne chere et
LANOUE: « C'estoit pour contenter les estrangers, qui crioient incessamment à l'argent »
AMYOT: « Romulus vouloit retourner au combat, criant tant qu'il pouvoit à ses gens, qu'ilz monstrassent visage à l'ennemi ; mais ilz ne laissoient point pour son hault
AMYOT: « Le roy de Perse avoit fait
AMYOT: « L'un de ses tuteurs fut d'advis de le faire
AMYOT: « Si lancea son cheval droit à luy, en luy criant un cri de desfiance »
AMYOT: « Crier à pleine teste »
D'AUB.: « Crier aux voleurs »
Ms. de St-Germain, dans LACURNE: La terre trembla à St-Maixent en 1512 tellement que les soleaux et autres bois des maisons crioient en leurs mortaises, Not. du roman d'Alexandre en prose
COTGRAVE: « Crier le loup plus grand qu'il n'est »
ID.: « Tandis que le chien crie, le loup s'enfuit »
ÉTYMOLOGIE
Berry, querier ; provenç. et anc. espagn. cridar ; espagn. mod. et portug. gritar ; ital. gridare ; angl. to cry. On a indiqué l'allemand kryten,
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Jeter un ou plusieurs cris. "Ne faites pas
Fam., "Crier comme un perdu, comme un fou, comme un enragé, comme un beau diable;
Fig. et fam., "Tuer, plumer la poule sans la faire
Prov. et fig., "Il ressemble aux anguilles de Melun, il crie avant qu'on l'écorche," Il a peur sans sujet; ou Il se plaint avant de sentir le mal.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit quelquefois par dénigrement D'une personne qui force trop sa voix en chantant. "Cette femme ne chante pas, elle crie." On dit activement, dans le même sens, "Crier un air, etc."
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit figurément D'une chose dure, qui produit un bruit aigre, en se frottant rudement contre d'autres, ou en se cassant. "Cette porte crie. L'essieu de cette charrette crie. Les roues crient. L'arbre cria et se rompit."
Pop., "Ses boyaux lui crient," Il se fait du bruit dans ses entrailles.
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie encore, Élever très-haut la voix dans la conversation, dans une discussion, etc. "Il est tellement sourd, qu'il faut
Il signifie quelquefois, Gronder, réprimander quelqu'un en élevant la voix. "Il fera
Il signifie aussi, Se plaindre hautement, avec aigreur. "Le peuple crie. Tout le monde crie de cela, contre cela, crie contre un tel. Vous ferez
Il signifie surtout, Blâmer publiquement. "Les prédicateurs crient contre le vice. Il crie partout contre moi. Faire
5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie également, Prononcer un ou plusieurs mots d'un ton de voix très-élevé, avec le même effort que si l'on poussait un cri. Dans ce sens, et dans la plupart des acceptions qui suivent, il est très-souvent employé comme verbe actif. "J'ai beau lui
Fig., "Crier à l'injustice, à l'oppression, etc.," Se plaindre hautement d'une injustice, d'un acte d'oppression, etc. On dit aussi, "Crier au scandale, à l'exagération, etc.," Accuser hautement quelqu'un ou quelque chose de scandale, d'exagération, etc.
Fig. et fam., "Crier famine," Se plaindre hautement de la disette où l'on se trouve, ou que l'on craint. On dit de même, "Crier misère. Il est toujours à
Prov. et fig., "Crier famine sur un tas de blé," Se plaindre comme si l'on manquait de tout, quoiqu'on soit dans l'abondance.
Fig., "Crier vengeance," se dit Des choses qui excitent à se venger, ou dont on doit tirer vengeance. "Cette injustice crie vengeance. Le sang du juste crie vengeance," ou simplement, "crie."
6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie particulièrement, Faire un certain cri, soit pour rallier des combattants, soit pour témoigner de l'allégresse. "Les Français criaient Montjoie. On criait par toutes les rues, Vive le roi. On cria Vivat. Crier, Le roi boit. Autrefois, dans les réjouissances publiques, on criait Noël."
Prov., fig. et pop., "On a tant crié Noël, qu'à la fin il est venu," se dit en parlant D'une chose qui arrive après qu'on l'a fort désirée, et qu'on en a souvent parlé.
7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, figurément, Dire une chose hautement, ou La répéter avec importunité. "Il ira
Il signifie encore, Avertir souvent quelqu'un d'une chose, la lui conseiller fortement. "Il y a longtemps que je lui crie d'être sage, de prendre garde à lui. Je n'ai cessé de lui
8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie en outre, Proclamer, annoncer une chose au nom de l'autorité. "On a crié à son de trompe que chacun eût à rendre ses armes. Il fut crié de par le roi que"...
"Crier à son de trompe,
"Faire
"Crier une marchandise," Annoncer le prix auquel elle se vend. "On a crié du vin à quinze sous."
"Crier des meubles, etc.," Les mettre à l'en chère, inviter à les enchérir. "L'huissier a déjà crié ces meubles."
9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit aussi De ceux qui courent habituellement les rues pour vendre ou acheter certaines choses. "Crier de la salade. Crier des pommes. Crier de vieux chapeaux, de vieux habits. Crier à l'eau." On dit aussi, "Crier un bulletin, une ordonnance, un arrêt, etc."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Krié": l'"i" est bref devant la syll. masc.; il est long devant l'"e" muet. Il "crie", ils "crient". Au futur et au conditionel, il "criera", il "crierait", l'"e" est tellement muet, que le mot n'est que de deux syllabes: on suprime même cet "e" muet en vers.
Mon amour et ma haine, et la cause commune,
"Crîront" à la vengeance. Corn.]
CRIER, est, 1°. Jeter un ou plusieurs cris. 'Cet enfant "crie" sans cesse.
- Laissez-le "crier". Il "crie" de toute sa force.
- "Crier" comme "un" perdu, comme "un" fou, ou "un" enragé. "Crier à" pleine tête, "à" tûe tête, "comme" un aveugle qui a perdu son bâton. "Crier" les hauts cris. Voy. CRI, "Rem." n°. 2°. 'Il "crie comme" si on l'écorchait. Toutes ces expressions sont du style familier.
On dit proverbialement, "plumer la poule sans la faire
2°. Il se dit figurément, d'une chôse dûre, qui se frotant rudement contre d'aûtres, rend un son aigre. Cette porte "crie", les roûes "crient". 'L'essieu "crie" et se rompt. "Rac."
- 3°. Prononcer quelques paroles d'un ton élevé. 'Il ne peut disputer sans "crier": c'est à qui "criera" le plus haut.
- "Crier à l'"aide, "au" secours, "au" meurtre, "au" voleur, etc. "Crier" miséricorde, "crier" merci, etc.
- 3°. Se plaindre haûtement et avec aigreur. En ce sens il régit la prép. "contre", de la persone et de la chôse: 'Pourquoi "crie"-t-il sans cesse "contre" moi? Les Prédicateurs ne cessent de "
- On "cria contre", est plus usité aujourd'hui.
- On dit, en ce sens, "
- 4°. Proclamer par autorité de Justice, "
- 5°. "Crier sur", ou "après" quelqu'un. Le 1er se dit des persones, et se dit au propre; le 2d se dit des persones et des chôses, et signifie "apeler", "se plaindre", "desirer". 'Tout est à l'armée: quand on voit un homme avec une épée dans les rûes, les petits enfans "crient sur" lui. "Sév." 'Vous ne m'avez pas entendu; depuis un quart-d'heûre je cours, et je "crie après" vous. 'Des créanciers qui "crient après" moi, depuis si long-temps. "Mde de"... 'Le temps passe vîte, vous "criez après" lui. "Sév."
Emplacement dans le dictionnaire :
| cric-crac crick cricket crico-trachéal cricoïde cricri crid | crié criée crieur crime criminaliser criminaliste | criminalité criminel criminellement crin crincrin crinier crinière |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)...éloigner sans elle. 3e PARTIE, XIII La traversée dura près de quatre heures ; au large, le vent était fort et la mer grosse, la baleinière se remplit d'eau. Les deux chats passagers, fatigués de crier, s'étaient couchés tout mouillés auprès des deux petites filles qui ne donnaient plus signe de vie. Tout trempés, nous abordâmes loin du point que nous voulions atteindre, dans une baie voisine du...
Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)
...depuis cette époque. Mais ce serait beaucoup sortir du cadre de ce récit d'enfance, que de conter par quels hasards et par quels revirements dans ma manière, j'en suis venu à chanter mon mal et à le crier aux passants quelconques, pour appeler à moi la sympathie des inconnus les plus lointains ; -et appeler avec plus d'angoisse à mesure que je pressens davantage la finale poussière... et, qui sait ?...
Citation n°3 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )
...au grec la paternité d'une quantité de vocables purement latins, ou allemands, comme pain et balle. l'auteur, pour l'amour du grec, fait venir bogue, une sorte de poisson, de boaw, qui veut dire crier : c'est peut-être aller un peu loin ! Mais le nombre exact de ces mots importe peu ; il y en aura toujours trop, bien qu'ils meurent assez rapidement. Rien ne se fane plus vite dans une langue que...
Citation n°4 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )
...Reine-glaude. Cintième : ce sont des changements : 1. De g en c. en beaucoup de mots d'origine commune aux trois langues, le g de l'italien et de l'espagnol est représenté en français par un c. Crier : gritar, gridare ; crèche : ital. greppia. le g et le z italiens deviennent souvent c en français : gabineto, cabinet ; zagrin (vénitien), chagrin. Cela se rencontre également au passage du latin...
Citation n°5 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)
...dans les poches de son grand manteau de loup-cervier, plissant le front et fermant à demi ses yeux vifs sous la toque de fourrure profondément enfoncée ; et quand le silence fut venu, il se mit à crier les nouvelles de toutes ses forces, de la voix d'un charretier qui encourage ses chevaux dans une côte. -les travaux du quai vont recommencer... j'ai reçu de l'argent du gouvernement, et tous ceux...
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